Le forum d’écoute Un futur qui compte

Au total, 2.313 femmes belges ont participé à l’enquête, dont 207 par écrit.
Une femme sur cinq a du mal à joindre les deux bouts
Parmi les femmes qui nous ont ouvert leur portemonnaie, 22 % éprouvent des difficultés financières.

  • 7 % ne s’en sortent pas du tout
  • 15 % peinent à joindre les deux bouts

Quelque 40 % répondent encore qu’elles s’en sortent mais ne peuvent pas se permettre d’extras. Plus de la moitié des femmes interrogées connaissent plusieurs personnes qui tirent le diable par la queue. De très nombreuses femmes ont donc des problèmes financiers. Les causes sont multiples. Travail et diplôme ne sont pas une garantie.
La problématique de la pauvreté touche énormément de femmes et les causes sont multiples. Les femmes rencontrant des problèmes de pauvreté sont ainsi plus souvent célibataires, sans travail et moins qualifiées. Elles ont aussi plus souvent des enfants que les femmes qui n’ont pas de problèmes financiers.

Avoir un emploi et un diplôme réduit certes le risque de difficultés financières, mais cela ne garantit pas pour autant d’être épargnée. Pas moins de 38 % des femmes interrogées qui ne s’en sortent qu’avec difficulté ont ainsi un niveau d’éducation supérieur et 30 % travaillent à temps plein. En réalité, beaucoup de femmes ayant un travail à temps plein et un diplôme supérieur éprouvent donc aussi des difficultés à joindre les deux bouts, mais les préjugés restent grands :

“Quand on veut travailler, il y a toujours moyen de s’en sortir” déclarent ainsi 46 % des répondantes (contre 18 % de réponses neutres).

Quand pauvreté rime avec insatisfaction
L’argent fait-il le bonheur ? Il semblerait que oui puisque 44 % seulement des femmes interrogées qui éprouvent des difficultés financières se disent satisfaites de leur vie, contre 80 % des femmes qui sont
à l’aise financièrement. Les femmes qui éprouvent des difficultés financières se disent par ailleurs insatisfaites
à différents niveaux de leur vie :

  • 38 % ne sont pas satisfaites de leur travail
  • 26 % ne sont pas satisfaites de leur réseau social et de leur vie sociale
  • 25 % ne sont pas satisfaites de leur logement

Pas d’argent pour de nouvelles chaussures
Les femmes qui rencontrent des difficultés financières doivent faire des sacrifices à différents niveaux :
64 % ne peuvent pas gâter leurs (petits-)enfants autant qu’elles le souhaiteraient. Elles doivent aussi renoncer à certains besoins essentiels comme s’acheter un nouveau manteau ou de bonnes chaussures de marche. Enfin, 77 % des femmes en difficulté sortent peu et ont peu de contacts sociaux.

Peu de conseils financiers, beaucoup d’achats à crédit
Parmi les femmes ayant participé à l’enquête, 39 % seulement demandent des conseils financiers (aux parents, aux amis, à la banque, …) et 58 % se débrouillent seules. Près d’un quart des répondantes ont déjà acheté des appareils (électroménagers) à crédit et 12 % ont déjà acheté des meubles à crédit.

Les femmes vivant dans la pauvreté achètent plus à crédit. Qu’achètent-elles à crédit ?

  • électroménager : 42 %
  • meubles : 24 %
  • vêtements : 11 %
  • voyages : 4 %
  • courses alimentaires : 6 %

La crise financière ressentie par 4 femmes sur 10
Pas moins de 62 % des répondantes font plus attention à ce qu’elles dépensent depuis le debut de la crise économique et 4 sur 10 éprouvent depuis lors davantage de difficultés financières avec leur famille. Pour les femmes vivant dans la pauvreté, la crise est deux fois plus dure à supporter : 73 % ont encore plus de mal, avec leur famille, à joindre les deux bouts et 73 % font plus attention à leurs dépenses.

Un grand tabou
Malgré le nombre et la diversité des femmes éprouvant des difficultés financières, le sujet reste tabou :

  • 68 % essaient de cacher qu’elles ont du mal à s’en sortir
  • 59 % n’osent pas demander une aide financière
Apparemment, tout le monde connaît dans son entourage quelqu’un qui éprouve chaque jour des difficultés à s’en sortir. Quelqu’un dont personne ne se rend toutefois compte des difficultés. Quelqu’un qui, par honte, n’ose pas demander de l’aide. Par peur d’être stigmatisée. Cette enquête représente un premier pas important pour ouvrir le débat.

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